samedi 12 janvier 2019

Le Juju, le Juju, le Julien!!!

levé de soleil sur les hauteurs de St Christol


Saint Christol d’Albion, dimanche 9h du matin, la trappe s’ouvre, 6 individus en sortent, heureux et repus, le visage et le corps marqués de cernes, de courbatures et de boue. Ils retrouvent leur camion jaune et se déséquipent en  partageant de nombreuses anecdotes. C’est en vêtement civils qu’ils pénètrent dans le gite de l’Aspa avant d’attaquer un brunch homérique composé de confitures, miel, café, thé brioche, beurre mais aussi pâtes au pesto et autres victuailles. Les estomacs pleins, nos héros des temps modernes se traînent ensuite jusqu’à leur douche, qu’ils découvrent froide. Les plus faibles préfèrent se glisser sales (et sales ils le sont assurément) dans leurs duvets. Quelques minutes plus tard, le sommeil les cueille, en témoigne les terribles ronflements qui s’échappent de la chambre 213. Mais quittons nos héros ici un moment et rebroussons chemin dans les arcanes du temps !

Bollène, vendredi soir 18h30, Benoit et Maud sont au volant de leur voiture, en retard, en direction du parking du Decathlon de Bollène où ils sont censés retrouver les complices de leur futur plan machiavélique.
18h31, quelques kilomètres plus loin, Stéphane, Mickaël, Noé et Pierre déambulent dans les rayons du supermarché de sport, leader européen de la polaire à 9,99 euros. Ils se faufilent de rayon en rayon à la recherche du dernier élément manquant à leur panier, les terribles purées lyophilisées Aptonia ! Le rayon trouvé, les féculents poudreux sont glissés dans le panier bleu (habile référence à un code couleur identique entre chaque magasin de la marque) et nos 4 malfrats se dirigent vers la caisse. La douloureuse réglée, ne reste plus qu’à franchir la porte coulissante automatique mais avant elle se dresse, tel un juge de paix, le portail automatique de détection des vols.
Mickaël s’engage alors d’un pas hésitant entre Charybde et Scylla et déclenche alors une suite d'événements désagréable allant du déclenchement de l’alarme à une fouille intégrale par le vigile du magasin. Dix minutes plus tard ils sont libérés par le personnel après avoir pu prouver leur innocence.
C’est au moment de leur libération qu’ils retrouvent Benoit et Maud. Une fois tous installés dans le spéléobus, la fine équipe se dirige vers Saint Christol d’Albion où le gite les attend. Le gite ET l’assemblée du CDS 84 qui se tient ce soir-là. Une autre terrible nouvelle se dresse en travers de leur chemin, la gardienne du refuge les informe que le radiateur de leur chambre ne fonctionne pas (ce qui fin décembre peut être préjudiciable) ! Qu’à cela ne tienne, la phalange ardéchoise compte dans ses rangs un être demi divin, moitié spéléo, moitié plombier, le terrible Stéphane qui se propose d’aider notre logeuse à réparer sa chaudière !
La réparation effectuée, les pâtes sont vite prêtes et nos nyctalopes préférés ne résistent pas au besoin irrésistible de se faire remarquer en posant leur marmite fumante sous un détecteur de fumée, ce qui ne manque pas de déclencher l’alarme à incendie et de ruiner la réunion du CDS …
Leur repas est également agrémenté d’une discussion avec un mutant de la spéléologie vauclusienne, auteur d’innombrables découvertes et un peu blasé par les kilomètres de première à parcourir tous les weekends. Il est d’ailleurs l’un des découvreurs de l’aven responsable de la venue de nos six ardéchois sur le plateau.
Quelques verres de rouge plus tard, les déjà moins vaillants spéléologues se glissent dans leur duvet avec un objectif réveil à 6 h 48 (consensus entre les différentes propositions des membres de la chambrée)
Samedi matin, 8 h et quelques minutes, le petit déjeuner est avalé, le spéléo bus chargé, sans coup férir le trou trouvé, ne reste plus qu’à pénétrer !

P50 de l'Aze

L’aven julien, car oui c’est son nom, avale donc nos valeureux amis qui aussitôt dévalent le puits d’entrée de ce magnifique réseau. Il est important qu’à ce point de ton récit tu saches cher lecteur que l’aven Julien est un nouvel accès au réseau des neiges, déjà constitué du magnifique souffleur et de l’aven des neiges.

belle galerie fossile vers -200




Donc des puits, des galeries fossiles, quelques reptations, des arrêts photos et quatre heure plus tard ils déjeuneront avant d’attaquer les ou plutôt le grand puits qui les mènera au fond. Et quel puits ! -32 ,-55,-70 et là, arrêt sur une trémie suspendue. Des blocs immenses viennent boucher un puits non moins immense. Pensée émue pour les découvreurs, qui ont dû avoir les fesses qui font bravo au moment de se lancer dans le puits sous la trémie ! Cette trémie, ils ont failli la rater faute de corde. Une sombre histoire de ganses trop longues. Il faudra toute l’astuce du sanglier des Cévennes pour parvenir à toucher le fond (du puits).



Pierrot au bout de sa vie...

dernier P50. On remarque les énormes blocs coincés au sommet!

Cet extraordinaire puits n’est finalement que l’introduction au superbe collecteur et à son non moins magnifique siphon amont.

les gasoileux devant le siphon amont

Mais c’est à l’aval que se cache la cerise sur le gâteau, un superbe puits de 65m qui leur fait s’écrier :
« Saperlipopette ! Imagine la cascade quand ça se met en charge ! »
Cette phrase restera assurément dans les anales de la spéléologie moderne
Mais cet aller-retour en bas du puits marquera également la fin de leur descente et le début de la mythique remontée

beau canyon avant le puits de l’hallucination


En effet, le plan était le suivant : déséquiper le maximum de l’aven, les explorations étant terminées pour quelques années. Nos adeptes de la clef de 13 et de 10 démontèrent donc tous les amarrages, plaquettes multimontis… et remontèrent cordes, filets et autres accessoires spéléologiques jusqu’au sommet des grands puits.
Ceci fait, ils retrouvèrent avec appétit leurs sublimes purées Aptonia, réservoir d’énergie pure qui leur permirent de remonter sans coup férir jusqu’au début de notre histoire !

petit moment farniente avant d'attaquer les puits

Mais laissons-les là, ces représentants de l’espèce Homo speléologicus. Ils reviendront sans doute hanter les pages de ce blog dans les prochains semaines…
A vous les studios